Société des sapeurs-pompiers de la République et Canton du Jura





































Nouvelles


Photo Manuel LachatL'ECA JURA tient à adresser ses remerciements à tous les acteurs des services d'intervention qui ont contribué, chacun à sa mesure, à éviter des dégâts supplémentaires aux bâtiments et au mobilier lors des inondations qui ont frappé le Jura les 8 & 9 août 2007.
 
Un merci particulier aux femmes et aux hommes des Centres de renfort et des SIS qui ont oeuvré sans répit pour protéger, sauver et rassurer les personnes touchées par ces graves inondations.
 
Merci également à la Police cantonale qui a reçu, entre le 8 et le 10 août, près de 1'500 appels téléphoniques demandant de l'aide.
 
 
AVIS IMPORTANT A NOS ASSURES
 
De graves inondations ont touché le Jura dans la soirée et la nuit du 8 au 9 août. De nombreuses habitations sont touchées en ce jeudi 9 août.
 
L'ECA JURA prie les propriétaires de respecter ces consignes :
 
Remarque importante : seuls les dégâts dus à l'eau ayant pénétré dans le bâtiment par les portes, les fenêtres ou les sauts-de-loup sont indemnisés par l'ECA JURA. Les inondations causées par le refoulement de canalisations ou la remontée de la nappe phréatique sont à annoncer à votre assurance privée "dégâts d'eau bâtiment" .
 
1. Mesures d'urgence admises par l'ECA :
  • pompage et évacuation de l'eau se trouvant dans les bâtiments assurés, nettoyage des locaux (inutile de nettoyer tant que l'inondation se poursuit) et mesures d'assèchement des locaux ;
  • noter vos heures personnelles de nettoyage;
  • remplacement d'installations défectueuses et irréparables dont on ne peut réellement pas se passer : congélateurs, frigos, installation de chauffage (brûleur, régulation de chauffage). Dans tous les cas, conserver les appareils et/ou pièces défectueuses à disposition de l'expert ECA pour analyse et contrôle éventuels ;

NOUS ENVOYER UN AVIS DE SINISTRE disponible sur notre site www.eca-jura.ch, au bureau communal, ou à l'ECA sur simple demande (032 952 18 40).

Demander des devis de réparation ou de remplacement pour les installations touchées et les envoyer à l'ECA JURA. 
 
Ne pas réparer sans autorisation de l'ECA, à l'exceptions des cas mentionnés plus haut sous "Mesures d'urgence".
 
Information importante : les dégâts causés par l'eau ou la boue à l'extérieur du bâtiment ( jardins, terrain, arbres, etc.) ne sont pas assurés ni assurables à l'ECA JURA. Ils peuvent, dans certains cas, être indemnisés selon des règles bien précises et à bien plaire, par le biais du "Fonds suisse de secours pour dommages non assurables causés par les forces naturelles" Pour toute information sur la procédure particulière à suivre, prière de vous adresser à :
 
Office des eaux et de la protection de la nature
Madame Sandrine Schmidt
Spécialiste des dangers naturels
Les Champs Fallats
2882 St-Ursanne
032 420.48.44
 
L'ECA JURA vous remercie de votre compéhension et de votre collaboration et reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire au 032 952 18 40 ou sur www.eca-jura.ch

 

 

Instruction sur le flashover


Source : Journal des sapeurs-pompiers suisses - www.swissfire.ch

Les Zurichois exercent la lutte contre les sauts du feu (flashover)

Cette année, l'Établissement cantonal d'assurance du canton de Zurich a construit et mis en service un conteneur d'exercice-feu spécialement conçu pour la formation du personnel des corps de sapeurs-pompiers à la problématique du flashover. Pourquoi cette instruction spécifique est-elle nécessaire et quelles sont les réactions?

Le flashover

 
Partie pratique: deux sapeurspompiers exercent la lutte contre un saut de feu menaçant. (Photo Christoph Keller)
 
Dans les constructions actuelles, le flashover - appelé en bon français saut de feu - constitue un problème que les forces d'intervention ne doivent pas sous-estimer. L'étanchéité des locaux empêche la circulation de l'air en cas d'incendie, ce qui peut paraître souhaitable à première vue mais représente un danger important pour les sapeurs-pompiers lorsqu'ils pénètrent dans un local en feu. Si les sapeurs-pompiers ouvrent simplement la porte, il se peut que les gaz de combustion s'enflamment spontanément dans le local surchauffé et rempli de tels gaz, en raison de l'apport soudain d'oxygène: c'est le saut de feu ou flashover. Un flashover en formation peut toutefois aussi être détecté depuis l'extérieur. 

Un indice qui ne trompe pas est la présence d'une fumée foncée, de couleur noir-jaune, qui s'échappe des fissures et des fentes. En même temps, le local en question semble "respirer" sous la forme d'une alternance de surpressions et d'aspirations d'oxygène qui font que la fumée est alternativement inspirée au travers des interstices de la porte et du trou de la serrure, puis à nouveau expulsée. Sur les portes en bois notamment, on observe parfois une marque en forme de fer à cheval.

L'idée

Qu'en est-il de l'importance d'exercer le comportement adéquat à adopter dans une telle situation? L'incitation concrète de l'Etablissement cantonal d'assurance du canton de Zurich (GVZ) à entreprendre quelque chose dans ce domaine résulte du stage de formation à l'attention des responsables des cours et des commandants de centres de renfort ainsi que de leurs remplaçants, suivi en 2002 aux Pays-Bas, au "RISC" à Rotterdam. Pour ce cours, un simple conteneur de transport placé dans une chambre de combustion fermée et un feu de bois suffisaient pour provoquer un saut de feu, tandis que les participants, assis dans l'antichambre, pouvaient observer la naissance et la propagation du flashover en dimensions et en temps réels. Au vu des réactions absolument positives des participants, le GVZ a décidé d'installer un tel dispositif dans son centre d'instruction d'Andelfingen pour y former les instructeurs.

Le conteneur zurichois

Ce conteneur pour sauts de feu a été construit par une entreprise de l'Unterland zurichois qui a assemblé deux conteneurs servant au transport de fret (8,0_2,4_3,6 m). La partie antérieure, surélevée d'approximativement 90 cm, abrite la chambre de combustion. Les participantes et participants au cours sont assis dans l'antichambre. Comme ils sont assis plus bas que la porte de la chambre de combustion, la sécurité est garantie lors du saut de feu et pendant la période d'échauffement. Une sécurité supplémentaire est offerte par les grands clapets d'aération montés dans le toit du conteneur; avec les deux portes, ils garantissent une évacuation instantanée de la chaleur si nécessaire.

Précisons encore, au sujet des portes, que la construction de la porte de la chambre de combustion est une innovation: elle est conçue de manière à permettre l'ouverture vers l'extérieur comme vers l'intérieur. Il est donc possible d'entraîner les deux types d'ouvertures lors de l'instruction pratique.

L'instruction

La leçon comporte trois parties:
- introduction théorique,
- expérience pratique de la naissance et du déclenchement d'un saut de feu dans le conteneur,
- lutte contre le feu dans un local présentant un risque de saut de feu.

Partie théorique

 
  L'instructeur, ici le cap Theo Flacher, au travail lors de la partie démonstration de la leçon. (Photo Christoph Keller)
Pendant l'introduction d'une durée d'une demi-heure, les participantes et
participants apprennent ce qu'est un saut de feu, quelle en est la raison, comment on le reconnaît et, bien entendu, comment on le combat. Les personnes qui participent à ce cours devraient disposer de connaissances rudimentaires préalables de la théorie de la combustion. Dès cette phase de l'instruction, il devient clair qu'un flashover ne se présente pas toujours comme "une bête infernale dans un local". 

Partie pratique

Il s'agit en fait de la partie principale de l'instruction. Les participantes et participants pénètrent dans le conteneur sous protection respiratoire et équipement complet de protection. Après la mise à feu de la charge d'incendie, l'instructeur explique la propagation du feu et des gaz de combustion. L'évolution de la température peut très bien être observée pendant cette phase initiale. Ensuite, tous les participants s'assoient sur le sol le long de la paroi longitudinale du conteneur. Dans la partie postérieure, un autre instructeur surveille l'évolution de la température au plafond du conteneur, au moyen d'une caméra thermique et de ses capteurs de température, et il annonce régulièrement les valeurs.

Lorsque la température nécessaire d'environ 300 à 350 °C est atteinte, l'instructeur principal ferme la porte de la chambre de combustion qui était ouverte jusque-là, pour que la diminution de la teneur en oxygène et la forte chaleur puissent générer un saut de feu. La tension des participants augmente parallèlement à la température. Le grand moment est proche: les éléments annonciateurs d'un risque de saut de feu derrière la porte deviennent de plus en plus manifestes. Les premiers "dancing angels ", c'est-à-dire des gaz de combustion brûlant apparaissent au plafond, et la chambre commence à "respirer" tandis que la fumée se colore en jaunenoir/brun. Au bout d'un instant, l'instructeur ouvre la porte. Mais au lieu de la mer de flammes attendue, "hurlant" en se libérant de son étroite prison - l'image souvent transmise par les films -, c'est un feu presque éteint qui apparaît. L'instructeur compte "21 - 22 - 23" et ce n'est qu'alors, 2 à 3 secondes après le mélange des gaz de combustion avec l'oxygène de l'air, que le saut de feu se produit. Fascinés, les participants au cours observent la paroi de feu et les "dancing angels", et l'instructeur ne cache pas son plaisir à la réussite de la démonstration. Si la majorité le souhaite, la présentation peut être répétée plusieurs fois jusqu'au passage à la troisième partie de la leçon.

Partie action

Il ne suffit guère de savoir déceler un saut de feu naissant: tout sapeur-pompier doit naturellement aussi savoir comment pénétrer dans un local présentant un tel danger. Les instructeurs démontrent aux participants comment entreprendre une action d'extinction dans une telle situation. La priorité est donnée au travail en équipe. L'équipe chargée de l'attaque se met d'abord rapidement d'accord sur la manière d'agir et sur les commandements.

Ensuite, le sapeur-pompier qui se trouve près de la porte fait un bref compte à rebours ("3 - 2 - 1") et ouvre violemment la porte; à ce moment, l'autre sapeur-pompier gicle de l'eau dans le local, pendant environ deux secondes avec un angle d'environ 45 °C, avec un jet diffusé pas trop large. Ce faisant, il compte à voix haute ("21 - 22") puis commande "fermer!" et se retire. La vapeur d'eau causée par la brève action d'extinction refroidit alors le local, ce qui réduit le risque de saut de feu (un litre d'eau d'extinction génère près de 1700 litres de vapeur).

Cette procédure est répétée encore deux à trois fois jusqu'à ce que l'équipe soit certaine de la disparition du danger, puis elle pourra poursuivre son avancée. Tous les participants au cours ont alors la possibilité d'exercer cette action d'extinction sous l'œil critique de l'instructeur, les fautes restant sans conséquences dans cet espace sûr - des fautes qui pourraient s'avérer fatales lors d'une intervention réelle.

La sécurité

Une forte chaleur et des flammes nues comportent naturellement des risques élevés dans un local fermé. Ces risques doivent être réduits à un minimum normal lors d'un tel module d'enseignement. Pour cette raison, le règlement d'exploitation élaboré par le GVZ prescrit plusieurs mesures propres à garantir la sécurité des participants.

Les participantes et participants à la leçon doivent être aptes à porter un appareil de protection respiratoire et être équipés de vêtements de protection conformes à la norme Euro 469. Ils doivent porter des pantalons de protection rembourrés, usuels depuis un certain temps dans le canton de Zurich. Les vêtements ne doivent présenter aucune défectuosité. L'appareil de protection respiratoire doit être porté pendant la leçon pratique et les jambes et les pieds sont protégés par une couverture d'extinction.

Si un sapeur-pompier se sent mal, la leçon est immédiatement interrompue. Un signal est convenu d'avance à ce sujet (signe de la main, klaxon ou autre). Cette activité doit toujours être une instruction et ne jamais dégénérer en épreuve de courage. Une conduite d'extinction sous pression et la mise à disposition de boissons en suffisance vont de soi, comme un contrôle constant de la sécurité par le personnel instructeur.
Ces trois photos présentent le développement du flashover, de l'allumage jusqu'au développement maximal (espace-temps entre les phases = environ 1 seconde). (Photo Christoph Keller)

Ce qu'en pensent des participants à la leçon

Fredi Biedermann, SP Küsnacht
L'impression était très bonne. Il a été particulièrement intéressant de faire l'expérience de ce qui se passe au plafond avec les gaz de combustion et de voir les "dancing angels" à l'œuvre.

Michael Sterchi, SP Erlenbach
C'était beau et chaud.

Rolf Spörri, SP Thalwil-Oberrieden
Ce sont les "dancing angels" qui m'ont le plus impressionné; de les avoir vus danser sur nos têtes.

Adrian Scherrer, SP Herrliberg
Ça m'a plu de pouvoir observer tranquillement le saut de feu et les "dancing angels", sans toute la fébrilité qui règne à l'engagement.

L'avenir

La formation des instructeurs s'est achevée en août. Ce conteneur est maintenant à disposition pour la formation des sapeurs-pompiers de tous les niveaux (surtout les niveaux "engagement" et pour les cours destinés aux commandants). Les personnes qui ont déjà fait l'expérience de ce conteneur s'expriment toutes positivement sur ce qu'elles ont vécu, et l'on peut s'attendre à ce que cet instrument devienne très précieux pour l'enseignement en raison de son puissant effet motivant.

L'Etablissement cantonal d'assurance du canton de Zurich informe volontiers les corps de sapeurs-pompiers intéressés sur les expériences faites au numéro de téléphone 01 308 21 11 (extérieur de l'Europe : 011 41 01 308 21 11).

Par Christoph Keller, Journal des sapeurs-pompiers suisses
ECA ZH -Service cantonal du feu